Reconnaître les symptômes typiques d’une infection par des parasites intestinaux

Traiter son chien contre les vers internes, ce n’est pas une option, c’est un réflexe à adopter tout au long de l’année. Un réflexe qui protège bien plus que l’animal lui-même : c’est tout l’écosystème familial, humain comme animal, qui en dépend.

Certains parasites peuvent franchir la barrière des espèces. Les vers intestinaux du chien, par exemple, sont capables de s’attaquer à l’humain et de provoquer des troubles cutanés, neurologiques, oculaires ou pulmonaires. Autant dire qu’agir en amont reste la meilleure parade, car les conséquences d’une infestation, elles, ne préviennent pas.

Pour limiter le risque dès le plus jeune âge, mieux vaut miser sur une prévention sérieuse. Donner un traitement adapté à son chien, c’est garantir sa croissance et lui offrir une protection continue. Si l’infestation est déjà là, inutile de céder à l’angoisse : il existe de nombreux traitements capables d’éradiquer ces hôtes indésirables.

Quels parasites internes nous préoccupent, et pourquoi ?

Les chiens peuvent héberger une grande variété de parasites, qui ne se limitent pas à l’intestin. Certes, les intestins et le cœur sont les cibles principales, mais les yeux, le système nerveux, les poumons ou la peau ne sont pas à l’abri.

Parasites intestinaux :

Chez le chien, deux catégories de vers dominent : les vers plats et les vers ronds.

Les vers plats, ou cestodes (ténia, dipylidium, etc.), s’apparentent à de petits grains de riz collés ensemble. On peut parfois les repérer à l’œil nu dans les selles.

Les vers ronds, ou nématodes (ascaris, ankylostomes, trichures), ressemblent davantage à des spaghettis. Ils restent discrets, sauf lors de fortes infestations où ils deviennent visibles dans les selles.

Installés dans l’intestin grêle, ces parasites atteignent leur forme adulte après avoir migré dans d’autres organes au stade larvaire, causant parfois des dégâts notables sur leur passage.

Vers du cœur et des poumons :

Certains parasites s’en prennent aussi au système cardiopulmonaire. Dirofilaria immitis, plus connu sous le nom de “ver du cœur”, ou angiostrongylus (qui cible notamment l’artère pulmonaire), peuvent s’installer dans le cœur, les poumons et les vaisseaux sanguins du chien.

Un ver du cœur adulte peut atteindre 30 cm et occuper presque toutes les cavités cardiaques de l’animal. L’issue peut être fatale si rien n’est fait.

Voilà pourquoi le suivi vétérinaire régulier n’est pas négociable.

Comment les parasites internes se transmettent-ils ?

Les œufs et larves de vers parasitaires se baladent partout dans l’environnement, souvent imperceptibles, capables de survivre des mois. Impossible de les repérer à l’œil nu.

Concernant les vers plats, la contamination se fait surtout par ingestion de parasites externes comme les puces, véritables “taxis” à vers. Les chiens peuvent aussi se contaminer en avalant de petits rongeurs porteurs ou en mangeant de la viande crue (bœuf, ruminants).

Les vers ronds, eux, passent par l’ingestion d’œufs ou de larves présents dans l’environnement ou dans des proies contaminées. Un chien curieux qui mange un rongeur ou renifle un endroit souillé peut facilement s’infecter. Ces œufs et larves résistent aux intempéries et se retrouvent sur les trottoirs, dans les pelouses, ou n’importe quel recoin fréquenté par un animal porteur.

La transmission mère-chiot existe aussi : soit via le placenta pendant la gestation, soit par le lait juste après la naissance.

Certains vers s’accrochent solidement à la paroi intestinale et pondent leurs œufs dans le tube digestif, rendant leur élimination délicate.

Pour éviter les mauvaises surprises, une analyse microscopique des selles, aussi bien de la mère que du chiot, chez le vétérinaire reste une démarche incontournable.

Les vers du cœur, quant à eux, se transmettent principalement par les moustiques. Une simple piqûre suffit à transférer le parasite d’un animal infecté à un chien sain. Les régions méditerranéennes, plus chaudes et humides, sont particulièrement touchées, mais le réchauffement climatique étend le risque plus au nord.

Il faut aussi garder en tête que la transmission vers les chiots peut se produire pendant la gestation par le placenta.

Protéger son chien, c’est aussi se protéger soi-même et son entourage.

Quels parasites peuvent atteindre l’humain ?

Certains parasites canins franchissent le pas et s’attaquent à l’humain, en particulier les jeunes enfants, peu rigoureux sur l’hygiène. Un simple contact avec des surfaces souillées par les excréments d’un animal infecté suffit. Les bacs à sable et parcs publics sont des foyers classiques de contamination, mais ce risque existe aussi dans le jardin familial si le chien est porteur.

Certains vers ronds, comme l’ankylostome, peuvent même pénétrer la peau via des larves microscopiques.

La proportion de personnes touchées varie : de 3 à 6 % en ville, jusqu’à 15 % à la campagne. Heureusement, le corps humain élimine souvent ces parasites spontanément. Mais certains, plus coriaces, peuvent causer des complications sévères.

Voici les principaux vers ronds qui présentent un risque de transmission à l’humain :

  • Toxocara canis : peut déclencher des réactions immunitaires violentes, toucher les poumons, le foie, les yeux ou le cerveau
  • Ascaris : migre dans le corps et peut s’installer dans les muscles, les yeux ou le cerveau
  • Ankylostome : peut provoquer des lésions cutanées, mais aussi des troubles nerveux, intestinaux ou respiratoires

Pour les vers plats :

  • Échinocoques : s’attaquent principalement au foie et aux poumons
  • Ténia : responsable de troubles digestifs (douleurs, nausées, diarrhées, constipation), mais aussi de complications neurologiques ou cardiovasculaires chez l’enfant

Quels examens permettent de savoir si votre chien est infecté ?

Le diagnostic d’une infestation parasitaire repose sur plusieurs analyses, à adapter selon les symptômes observés.

Analyse des selles pour les vers intestinaux

L’examen coprologique est simple et rapide. Il s’impose dès que survient un trouble digestif (vomissements, diarrhée) ou en cas de perte de poids inexpliquée. Il suffit d’apporter un échantillon de selles (datant de moins de 12h) au vétérinaire, qui l’examinera au microscope. Pour affiner le diagnostic, un test de flottaison fécale peut être réalisé car certains vers sont plus discrets que d’autres.

Ce contrôle de routine doit être envisagé au moins une fois par an, même chez un chien sans symptôme, car de nombreuses infestations passent inaperçues.

Analyse sanguine pour le ver du cœur

Chez un chien infesté par le ver du cœur, on observe parfois une toux, une fatigue inhabituelle ou des signes d’hypertension pulmonaire. Un simple test sanguin permet de poser le diagnostic. Il n’est toutefois fiable qu’à partir de 7 mois d’âge, car il faut attendre 6 mois après l’infection initiale pour que le résultat devienne positif.

Si le premier test est négatif mais que le risque persiste, le vétérinaire recommandera une nouvelle analyse selon le calendrier adapté à l’animal.

Avant de commencer ou de reprendre un traitement préventif chez un animal adulte qui n’est pas à jour, un test sanguin est impératif afin d’éviter toute réaction indésirable grave.

En présence de symptômes avancés, des examens complémentaires comme des radiographies ou une échocardiographie pourront être nécessaires.

Quelles options de traitement anthelminthique pour les chiens ?

Plusieurs formes de vermifuges existent : comprimés appétents, solutions orales, injections, friandises à mâcher. Le choix dépend du mode de vie du chien, de la fréquence d’administration souhaitée et des parasites ciblés.

Le vétérinaire reste le meilleur allié pour définir le protocole le plus adapté, en tenant compte de la santé et du mode de vie de chaque animal.

À quelle fréquence faut-il vermifuger son chien ?

Chez l’adulte, un traitement tous les six mois constitue la règle générale. Toutefois, la fréquence et le choix du produit doivent être ajustés par le vétérinaire, car chaque chien a ses spécificités et tous les vermifuges ne se valent pas.

Chez les chiots, on part du principe qu’ils naissent presque tous porteurs de vers. Un premier traitement est donc conseillé dès la deuxième semaine, puis à intervalles rapprochés avant d’entamer une prévention régulière.

Là encore, l’avis du vétérinaire est primordial pour individualiser la prise en charge et, si besoin, compléter par une analyse des selles.

Méfiez-vous des solutions dites “naturelles”

Certaines plantes sont réputées pour leurs propriétés antiparasitaires, mais du point de vue des agences de contrôle vétérinaire, il s’agit de compléments alimentaires non homologués. La plupart n’ont jamais fait l’objet d’études scientifiques rigoureuses prouvant leur efficacité ou leur innocuité.

Leur effet dépend fortement du mélange, du dosage et de la qualité des ingrédients, autant de paramètres difficiles à maîtriser. Le risque d’inefficacité, voire de toxicité, existe, surtout si le chien est fragile ou déjà infesté.

Avant de vous lancer, un conseil s’impose : consultez votre vétérinaire, faites contrôler la charge parasitaire et réalisez des analyses de selles régulières pour suivre l’état de santé de votre chien.

La sécurité de votre compagnon doit rester la priorité absolue.

Pourquoi la consultation vétérinaire reste incontournable

La répartition des parasites varie selon les régions

Certains parasites sont plus présents dans certaines zones géographiques. Les vers du cœur, par exemple, prolifèrent là où les moustiques sont abondants, c’est-à-dire dans les climats chauds et humides. Les déplacements d’animaux d’une région à l’autre accentuent le risque d’introduction de parasites sur de nouveaux territoires.

Si vous voyagez avec votre chien, renseignez-vous auprès de votre vétérinaire pour ajuster la prévention selon la destination. Les risques changent selon la région, il serait dommage de l’apprendre à vos dépens.

Demander conseil à un professionnel reste la meilleure façon de protéger son animal.

Un traitement doit être personnalisé

Le choix du vermifuge doit toujours être fait par le vétérinaire, qui prendra en compte l’âge, l’état de santé, d’éventuelles maladies associées, la gestation, l’environnement et la facilité d’administration. Une solution qui convient à un chien ne conviendra pas forcément à un autre.

Surveillez chez votre animal les signaux qui peuvent alerter sur une infestation :

  • Présence de vers dans les selles
  • Perte de poids
  • Diminution de l’appétit
  • Fatigue
  • Baisse d’énergie
  • Vomissements
  • Diarrhée
  • Difficultés respiratoires

En cas de doute, prenez rendez-vous avec le vétérinaire. Ensemble, vous pourrez construire un plan de prévention solide et offrir à votre chien la meilleure qualité de vie possible.

Le conseil du vétérinaire

Les parasites sont sournois et passent souvent inaperçus, sauf lors d’infestations massives. D’où l’intérêt de ne jamais relâcher la vigilance et de suivre scrupuleusement le protocole défini avec le vétérinaire.

Même ceux qui paraissent anodins, comme les puces, peuvent être à l’origine de troubles graves.

Attendre de voir les premiers signes visibles d’infestation, c’est s’exposer à un risque sérieux pour la santé de son chien.

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