Spiti distribue des contrats d’assurance emprunteur souscrits auprès d’assureurs partenaires. Le nom commercial ne dit rien sur la solidité réelle de la couverture : ce qui compte, c’est la notice d’information, les définitions de garanties et les conditions d’indemnisation figurant dans le contrat. Nous détaillons ici les points de vérification techniques à mener avant signature, en ciblant les zones de friction que nous observons le plus souvent sur ce type de délégation d’assurance.
Continuité de couverture et période de transition lors d’un changement via Spiti
Un changement d’assurance emprunteur en cours de prêt, rendu possible à tout moment grâce à la loi Lemoine, génère une fenêtre de risque souvent sous-estimée. Entre la date de résiliation de l’ancien contrat et la prise d’effet du nouveau, un sinistre peut tomber dans un vide de garantie.
Nous recommandons de demander par écrit à Spiti (ou à l’assureur délégataire) qui prend en charge un sinistre survenu pendant cette période de transition. Conservez les dates exactes de résiliation et de prise d’effet : elles constituent la seule preuve en cas de litige. Un simple décalage de quelques jours peut suffire à ce qu’aucun des deux assureurs ne se considère compétent.
Le point de contrôle concret : vérifiez que la date d’effet du contrat Spiti est calée au lendemain de la résiliation effective de l’ancien contrat, sans chevauchement ni trou. Si la banque tarde à valider l’équivalence de garanties, la résiliation peut être reportée alors que le nouveau contrat, lui, démarre. Anticipez ce scénario dès la demande de substitution.

Dispense de questionnaire médical : seuils et calcul de l’encours cumulé
La suppression du questionnaire médical est encadrée par l’article L. 313-1 du Code de la consommation. Deux conditions doivent être réunies simultanément : la part assurée cumulée par emprunteur ne dépasse pas 200 000 euros, et le remboursement du prêt intervient avant le 60e anniversaire de l’assuré.
Comment calculer l’encours cumulé
Le seuil ne s’apprécie pas prêt par prêt, mais sur l’ensemble des encours assurés. Si vous avez déjà un crédit immobilier en cours avec une assurance emprunteur et que vous souscrivez un second prêt via Spiti, les deux capitaux restant dus s’additionnent pour le calcul du plafond. Dépasser la limite, même de quelques centaines d’euros, rétablit l’obligation de remplir un questionnaire de santé.
Ce point mérite une attention particulière en cas de résidence secondaire. Le dispositif de dispense ne se limite pas au logement principal : il peut concerner un bien à usage d’habitation dès lors que les deux conditions (montant et âge) sont respectées. Vérifiez que Spiti applique bien cette lecture du texte, car certaines notices restreignent la dispense à la résidence principale sans base légale claire.
Définitions d’incapacité et d’invalidité dans le contrat Spiti
La garantie ITT (incapacité temporaire de travail) est le poste qui génère le plus de litiges en assurance emprunteur. La raison tient à une seule variable : la définition contractuelle retenue par l’assureur.
Incapacité « toute profession » contre « profession exercée »
Un contrat qui indemnise uniquement si l’assuré est inapte à exercer toute activité professionnelle quelle qu’elle soit offre une protection nettement inférieure à un contrat couvrant l’impossibilité d’exercer la profession exercée au moment du sinistre. Pour un cadre, un artisan ou un professionnel libéral, la différence peut représenter des mois de mensualités non prises en charge.
Ouvrez la notice Spiti et cherchez la formulation exacte. Si vous lisez « toute profession » ou « toute activité rémunérée », vous savez que le niveau de couverture est minimal sur ce point.
Invalidité permanente : seuils et barème
Pour les garanties IPT (invalidité permanente totale) et IPP (invalidité permanente partielle), deux éléments déterminent le déclenchement de l’indemnisation :
- Le taux d’invalidité à partir duquel l’assureur intervient (souvent fixé à un pourcentage qui varie selon les contrats, parfois plus élevé qu’attendu pour l’IPP)
- Le mode de calcul du taux : certains contrats se basent sur un barème purement médical (taux fonctionnel), d’autres intègrent une composante professionnelle qui reflète l’impact réel sur la capacité de travail
- La présence ou non d’une indemnisation proportionnelle entre le seuil d’IPP et le seuil d’IPT, ou un fonctionnement en tout-ou-rien
Un barème intégrant la dimension professionnelle protège mieux qu’un barème strictement médical, surtout pour les métiers physiques ou très spécialisés.
Exclusions contractuelles et fiche personnalisée de la banque
Les exclusions de garantie constituent le deuxième foyer de contentieux après les définitions d’incapacité. Trois catégories reviennent systématiquement dans les contrats distribués en délégation.
Les affections dorsales (dorsalgies, lombalgies, sciatiques) et les troubles psychiques (dépression, burn-out, anxiété) sont fréquemment exclus ou soumis à une condition d’hospitalisation. Concrètement, un arrêt de travail pour lombalgie sans hospitalisation ne déclenchera aucune indemnisation si l’exclusion figure dans la notice.
Les sports à risque (parapente, plongée sous-marine au-delà d’une certaine profondeur, sports de combat) peuvent faire l’objet d’une exclusion totale ou d’une surprime. Vérifiez la liste exhaustive dans les conditions particulières.
Croiser la notice Spiti avec les exigences de la banque
La fiche standardisée d’information remise par l’établissement prêteur liste les garanties minimales et les niveaux de couverture exigés. Toute exclusion présente dans le contrat Spiti mais absente de la fiche bancaire peut entraîner un refus d’équivalence. Comparez ligne par ligne la notice et la fiche standardisée avant de transmettre votre demande de substitution. Un décalage sur les dorsalgies ou les troubles psychiques suffit à bloquer le dossier.

Coût total de l’assurance emprunteur : capital initial ou capital restant dû
Le mode de calcul de la cotisation influence directement le coût total du contrat sur la durée du prêt. Deux méthodes coexistent, et le choix n’est pas neutre.
Une cotisation calculée sur le capital initial reste fixe pendant toute la durée du prêt. Le montant mensuel ne bouge pas, ce qui facilite la budgétisation mais alourdit le coût total puisque vous payez sur une base qui ne diminue jamais.
Une cotisation sur le capital restant dû diminue progressivement à mesure que le prêt est remboursé. Les premières années sont plus chères, les dernières plus légères. Sur la durée totale, le coût global est généralement inférieur, mais l’écart dépend du profil d’amortissement du crédit.
Pour comparer correctement, demandez le TAEA (taux annuel effectif de l’assurance) et le coût total en euros sur toute la durée du prêt. Ne vous arrêtez pas à la mensualité affichée en première année.
Délais de carence et de franchise : deux notions distinctes à vérifier
Le délai de carence court à partir de la prise d’effet du contrat. Un sinistre survenu pendant cette période ne donne droit à aucune indemnisation. Selon les garanties, ce délai peut varier de quelques semaines à plusieurs mois.
Le délai de franchise, lui, démarre au moment du sinistre. C’est la période pendant laquelle l’assureur ne verse rien, même si le sinistre est reconnu. Les contrats affichent couramment une franchise de 90 jours en ITT, mais certains montent plus haut.
- Vérifiez si le délai de franchise s’applique en jours continus ou en jours d’arrêt effectif (la distinction change le montant réel de l’indemnisation en cas d’arrêts fractionnés)
- Comparez la carence Spiti avec celle de votre ancien contrat si vous changez d’assureur en cours de prêt, pour éviter de « repayer » une période sans couverture
- Identifiez si la carence s’applique uniquement à certaines garanties (souvent ITT et perte d’emploi) ou à l’ensemble du contrat
Quotité entre co-emprunteurs : un arbitrage qui change tout
La quotité représente la part du capital couverte par l’assurance pour chaque emprunteur. Le minimum exigé par la banque est généralement une couverture totale à 100 % au global, mais la répartition entre co-emprunteurs reste un choix.
Une quotité 50/50 réduit le coût de la prime mais ne couvre que la moitié du capital en cas de sinistre sur l’un des deux emprunteurs. Le survivant doit alors assumer les mensualités restantes sur sa part non couverte. Une quotité 100/100 double la couverture (et la prime) mais offre une protection maximale.
L’arbitrage dépend de l’écart de revenus entre co-emprunteurs. Si l’un des deux porte l’essentiel des revenus du foyer, une quotité asymétrique (par exemple 100 % sur le revenu principal et 50 % sur l’autre) représente souvent le meilleur compromis entre coût et protection réelle.
Avant de valider votre contrat Spiti, reprenez chacun de ces points avec la notice d’information en main. Les litiges en assurance emprunteur naissent presque toujours d’un détail contractuel ignoré à la signature, pas d’une mauvaise foi de l’assureur. Un formulaire de demande de devis gratuit est disponible juste en dessous : renseignez vos coordonnées pour être rappelé par un professionnel qui analysera votre situation et vos besoins spécifiques.

