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Il nous est arrivé à tous de remarquer la variété de signaux
que les chiens utilisent, tant avec d'autres chiens qu'avec
l'homme : signaux vocaux, comme gémir, aboyer ou grogner
; signaux visuels, comme se baisser sur les pattes arrière
pour inviter au jeu, ou baisser les oreilles et la queue
en signe de crainte.
Tous ces signes, et beaucoup d'autres, comme les signaux
olfactifs transmis surtout par l'émission d'urine, font
partie d'un "langage", qui est le système de
communication propre à chaque espèce. Effectivement, à
l'intérieur de chaque espèce, les animaux communiquent
entre eux par des messages qui leur sont propres.
Communiquer... pourquoi ?
Le langage est évidemment signe d'un certain niveau de
sociabilité, c'est à dire du développement d'une vie sociale
au sein de laquelle chaque individu trouve sa place et
son rôle par rapport aux autres. Système avantageux, tant
pour l'individu que pour le groupe. C'est en effet grâce
aux indications du groupe que l'individu trouve la possibilité
de se nourrir et de s'accoupler, c'est à dire de survivre
et de se reproduire. Quant au groupe, il reste cohérent
sans que ses membres luttent continuellement entre eux.
De plus, la communication entre membres d'un groupe social,
permet une défense plus assurée contre le danger, qui
est signalé rapidement, même à distance, par des messages
sonores.
Le chien fait partie des espèces très développées socialement,
étant en l'occurrence une espèce riche en signaux de communication,
surtout visuels, sonores et olfactifs.
Les messages du museau :
Les expressions du museau sont fondamentales dans le langage
canin, particulièrement chez les races qui peuvent modifier
la position des oreilles. Celle ci, ainsi que celle des
lèvres, nous révèlent les intentions du chien. En résumé,
on peut retenir les points suivants :
- un regard fixe et attentif, la pupille rétrécie, accompagné
quelquefois d'un grognement sourd et d'un léger hérissement
du poil du dos, est un signe de menace;
- un regard baissé et fuyant est signe de timidité, mais
s'il sous-entend la peur véritable, il peut devenir un
signal d'attaque;
- un regard attentif, accompagné d'un battement de queue,
d'un aboiement et d'une inclinaison du corps vers l'avant,
peut signifier "Veux-tu jouer avec moi ?".
- Un regard languide et "parlant", presque implorant,
le chien pouvant être assis et avoir l'eau à la bouche,
signifie tout simplement que le chien attend patiemment
sa pâtée;
- un regard absent, une position apathique et une faible
réaction à son entourage peuvent indiquer la maladie,
d'origine physique ou nerveuse ; parfois, un tel regard
précède de réelles crises de nerfs qui peuvent entraîner
des réactions très agressives et absolument imprévisibles,
pouvant même être dirigées contre l'homme.
Les messages du corps et de la
queue
Le corps du chien, dans son ensemble, est capable de transmettre
un "discours", que ce soit en changeant de posture
ou en hérissant le poil jusqu'à donner l'impression qu'il
a augmenté de volume.
Le principe général est simple : plus la pose est imposante
(oreilles dressées, poil hérissé, station debout), plus
elle montre une domination sur l'environnement, y compris
sur les autres chiens et les hommes ; à l'inverse, plus
la pose est humble (queue entre les jambes, oreilles basses,
position rampante), plus l'intention du chien est de se
montrer soumis,vaincu, ou "amoureux"dans le
cas d'un mâle courtisant une femelle en chaleur.
La signification du battement de queue n'est pas encore
très claire : nous comprenons tous le message de notre
chien quand il arrive vers nous en remuant la queue avec
sa laisse, sa gamelle ou sa balle dans la gueule, et nous
l'interprétons comme le désir d'aller en promenade, d'avoir
à manger, ou de jouer avec nous.
Cependant, le chien remue la queue, même dans des situations
de rivalité avec d'autres chiens, avec une signification
agressive. Ce comportement se manifeste d'ailleurs déjà
chez le chiot durant la tétée et, en général, quand il
est en compétition avec ses frères. Chacun peut, d'un
mouvement de queue, signaler sa présence, en répandant
son propre signal olfactif qui, comme on le verra plus
loin, est un autre système de communication important.
Le battement de queue dans l'attente du jeu ou d'une récompense
est un signal infantile que le chien adulte gardera envers
ses semblables et l'homme.
Que dit le chien lorsqu'il "parle"?
Les messages sonores sont largement utilisés par le chien
pour communiquer, y compris sur de grandes distances.
On connaît les choeurs qui se déclenchent aux heures les
plus impensables quand, alors qu'on dort du sommeil du
juste, les chiens de tout le voisinage se signalent mutuellement
un bruit suspect ou simplement le passage de quelqu'un.
Et on connaît aussi l'aboiement furieux de certains chiens
qui signalent ainsi à leur propriétaire que quelqu'un
s'approche de la maison, ce qui est naturel en tant que
système de défense de son territoire par le chien, mais
quelque peu fastidieux pour le propriétaire, autant que
pour ses voisins ! C'est toutefois l'un des buts de la
communication sonore : signaler un danger au groupe, de
manière à pouvoir préparer la défense immédiatement.
Les messages sont différents selon le type de voix utilisé
: le chiot signale à sa mère qu'il a froid, faim ou besoin
de soins en gémissant ; l'adulte signale à ses compagnons
en aboyant qu'il faut être attentif au danger ou à une
proie ; le mâle signale à la femelle, par une série de
sons variés, son ardeur amoureuse.
Comment communiquer oralement avec
son chien ?
Beaucoup pensent que le chien "comprend"la signification
des mots les plus variés et des discours les plus complexes.
au point de pouvoir instaurer avec lui un véritable dialogue.
que ce soit pour le récompenser ou pour manifester son
désaccord. La seule certitude, c'est que le chien apprend
à associer un signal donné à son comportement : par exemple,
il peut associer le mot "viens "au fait de s'approcher
de nous et au fait de recevoir une récompense : ou encore
le mot "assis"au fait de s'asseoir devant nous
pour recevoir immédiatement une caresse accompagnée d'un
"c'est bien"; ou les mots "va t'en"en
réponse à sa tentative de grimper sur notre divan préféré,
suivi d'un "non"de désapprobation. À travers
de telles associations, on instaure ce qu'on appelle "l'apprentissage
par conditionnement", c'est à dire que le chien apprend
qu'il y a une relation entre un certain signal sonore
et son comportement. Le mot signal correspondant à chacun
des messages que nous voulons transmettre n'a pas d'importance,
l'important étant d'utiliser toujours le même mot pour
chaque message, sur le même ton et en faisant les mêmes
gestes. Sans cela, le chien serait dérouté et on ne pourrait
plus attendre de lui qu'il comprenne des signaux différents
et y obéisse, même s'ils veulent dire la même chose.
Quand le chien aboie sans raison...
Il arrive souvent que le chien tente littéralement d'assourdir
son entourage en aboyant sans cesse et on entend des propriétaires
désespérés dire "je ne sais plus ce qu'il faut lui
donner ou lui dire pour le faire taire ".Mais lorsqu'on
sait qu'aboyer est pour le chien un système de communication,
il est logique de constater que notre attention et notre
réponse, loin de faire taire le chien, l'encouragent à
aboyer. C'est donc au propriétaire de faire la différence
entre l'aboiement "motivé"et l'aboiement inutile.
Il faut prêter attention au premier et ignorer le second,
pour que l'animal puisse remarquer quand son système de
communication est approuvé ou non. Par exemple : si votre
chien aboie longuement après vous avoir apporté sa balle,
ne pensez pas qu'il arrêtera si vous le faites jouer,
car il recommencera très vite. Si, au contraire, vous
lui apprenez à obéir à un commandement de silence, alors
vous pourrez lui lancer la balle pour jouer avec lui,
en le récompensant de son silence.
Les signaux olfactifs et le marquage
du territoire :
Si vous avez un chien mâle vous avez sans doute remarqué
que, durant les promenades quotidiennes, si d'autres chiens
soit présents, et surtout si vous alleu dans un endroit
peu familier, sa première préoccupation est de marquer
"d'urine tous les objets verticaux présents : arbres,
roues d'automobiles, angles d'immeubles, etc. De cent
manière, votre chien signale aux autres chiens sa présence
et qu'il est éventuellement prêt à s'accoupler avec les
femelles disponibles. Le message olfactif est basé sur
l'émission d'odeurs à travers l'urine, la matière fécale,
la salive et certaines glandes ; dans les périodes de
chaleur, des "phéromones"sont émises. Ce sont
des sécrétions dont l'odeur particulière indique la disponibilité
pour l'accouplement. Le marquage du territoire est plus
intense de la part des animaux "dominants",
qui affirment de cette manière leur position. Un tel comportement
peut être réduit par la castration. Le fait de creuser
des trous dans le sol peut également être un système de
marquage du territoire.
Lorsque le chien salit la maison
:
Ce comportement pénible est caractéristique d'un chiot
à peine introduit dans le milieu familial et va en diminuant,
jusqu'à disparaître lorsque l'animal, après une éducation
adéquate, a appris qu'il ne doit "salir "qu'à
l'extérieur du milieu domestique. Si un tel comportement
dure, il peut être le signe d'un état pathologique (le
chien, malade, ne peut se retenir) ou d'une mauvaise éducation
ou encore d'un trouble du comportement. Le "syndrome
de l'abandon "en est un exemple, quand le chien ne
salit la maison que lorsqu'il est seul.
L'urine "de soumission" est un cas particulier
: le chien urine en plus ou moins grande quantité, par
exemple au retour de ses maîtres, après être resté seul,
ou quand il a été réprimandé ou encore lorsqu'il est particulièrement
agité. C'est un phénomène émotif, qu'on ne résout jamais
en punissant : comme pour les cas précédents et pour tous
les problèmes de comportement, il est nécessaire de rechercher
et de comprendre ce qui est à l'origine du trouble. Une
fois exclue toute cause pathologique, on peut intervenir
pour modifier le comportement de l'animal, si possible
de manière durable et définitive. |
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